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Solo show
Patrick Bérubé

12.12.11 / 21.01.12

Patrick Bérubé manipule des référents identifiables de tous mettant parfois en scène des animaux comme dans une fable ou des phénomènes naturels comme une chute, un éclair ou une éruption. Il crée à partir d’objets de notre environnement immédiat des œuvres faisant appel à de nombreux supports, des images, des photographies, de petites sculptures assemblées ou installées. Il conçoit aussi des dispositifs plus importants dans lesquels le spectateur est immergé.

Pour cette exposition, il s’attache à un exercice nouveau qui consiste à orchestrer de petites installations jusque-là plus circonscrites dans sa pratique. Il présente à la galerie ACDC une installation animée conçue à partir d’un très grand socle épousant l’espace d’exposition. Construite sur la base d’une suite organisée de phénomènes, elle articule finement entre eux un ensemble hétéroclite d’objets qui figurent un paysage doucement ténébreux. De cette apocalypse visuelle, c’est en premier lieu la dimension poétique, drolatique et vivante que nous retenons, mais le sens de ce à quoi nous assistons est à chaque fois retourné.Patrick Bérubé nous conduit à réviser nos propres appréhensions, génère une chaîne de sentiments contradictoires où chacune des saynètes joue comme une poche de résistance à l’interprétation de celle qui la précède. Cette succession d’évènements confère à son installation l’interminable fécondité du cours des choses (1) qui nous transporte instantanément de l’universel à l’anecdotique, de la tendresse au cataclysme, de l’absurde au rationnel...
Ce dispositif à tiroirs provoque un spectre subtil d’émotions dont l’enchaînement n’est pas sans rappeler les mécanismes narratifs à l’œuvre dans le cinéma ou la littérature de genre. Cette dramaturgie s’emploie ici, non sans ironie, à révéler et déconstruire l’état d’un monde dont Patrick Bérubé nous propose de refaçonner la réalité.
(1) Le Cours des Choses (Der Lauf der Dinge) est un film expérimental suisse réalisé en 1987 par Peter Fischli et David Weiss

Frédéric Latherrade