Préfabriqué

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Solo show
Sébastien Vonier

12.03 / 24.04.10

Des grands espaces de montagne aux interstices urbains, de détails organiques aux matériaux pratiques, Le travail de Sébastien Vonier s’inscrit dans une relation étroite avec le paysage.
Parfois monumental, parfois brutal, romantique et austère, il relève autant de la sobriété du minimalisme que de la répartition chaotique du chantier. Son travail s’organise par familles de pièces au déploiement possible quasiment infini. Matériaux bruts, prélevés et rejoués comme des pièces archéologiques, formes précisément construites qui miment le dessin d’un objet existant, Il s’agit à chaque fois d’un télescopage, d’un jeu d’aller retour entre différents champs.


L’exposition à la galerie ACDC sera un accrochage de pièces hétéroclites et à l’origine commune, qui résonneront entre elles dans un rapport au paysage. Si rien n’est dit quand à leur origine, il joue de télescopages et d’aller retours pour mettre en place de nouvelles formes ; solides suspendus à la nature codée, à la fonction interrompue.
Pour cette exposition, je souhaite mettre en résonnance différents types de pièces. D’une part des formes très brutes, qui seront prélevées sur un chantier puis fixées au mur en respectant leur dessin et agencement d’origine. Simplement lavées et équipées d’un système de fixation, ces morceaux de route seront installés en respectant leur position chutée d’origine. Au mur cela devrait se déployer comme une constellation de formes irrégulières suspendues et en même temps très physiques, au poids et à la matière apparent. Ce changement de position des matériaux du sol au mur et du chantier à la galerie, isole les formes et les dessins dans une lecture plus directe et dans une considération picturale. Un glissement simple, mais une précision à isoler le geste qui a produit ces formes. C’est donc la matière, l’objet et le dessin qui sont conservés, laissant le contexte d’origine hors champ.

Je souhaite opposer à cette pièce massive un élément tout aussi ambiguë. Il s’agit d’une sculpture très construite, artisanale et précieuse. Elle prendrait place au sol. Son dessin est celui d’un élément d’assemblage architectural, ce n’est pas une pièce clé, c’est un élément générique dont la fonction hors contexte n’est pas évidente. Dans cette exposition, elle existe comme un meuble à l’usage tout aussi incertain. Elle est en bois plaqué. Je souhaite que cette pièce existe à la rencontre de différents espaces, l’espace de la fonction, de la maquette, de l’objet, de l’espace. Un élément hyper construit définitivement dans le réel, mais sans accroches mentales précises. Un corps mort, une épave domestique.
Pour cette exposition il s’agit donc de trois nouvelles pièces, dont deux se situent dans de nouvelles familles. Trois types de pièces et autant de focalisations différents sur la matière et sur le paysage. De ces éléments le hors champ est très présent, mais ces choses, ces formes sont aussi là pour résonner entres elles, rebondir sur leurs silences respectifs.

Avec le soutien du CNAP, Centre national des arts plastiques
(aide à la première exposition), ministère de la Culture et de la Communication