Helvet Underground

• press kit

Solo show
Clédat & Petitpierre

05.11 / 19.12.09

« Coco Petitpierre et Yvan Clédat mettent en scène des dispositifs d’objets et de costumes qu’ils habitent jusqu’à l’épuisement.» Extrait de l’annonce de la réactivation des « Aubes sont Navrantes » (8 novembre 2009 _17h-20h) et de « Comme un gant » (25 octobre 2009 _15h-19h) pour le Nouveau Festival au Centre Pompidou (Espace 315); la formule dépeint succinctement l’activité d’un couple à la ville comme à la sculpture, interrogeant les rapports du corps à l’objet et de la forme au mouvement.


A visages couverts, toujours, ils s’adonnent et se donnent à la sculpture. Leurs oeuvres bi-composites dépeignent autant de tableaux dont l’ intérêt manifeste - voir spectaculaire – n’est que l’alibi de petites histoires... de couples.

Ainsi Helvet Underground se joue d’une curiosité vernaculaire –la pendule à Coucou–, détournée dans une mise en scène à l’échelle de leurs personnages. Affublé d’un costume Appenzellois sculpté de bouquets de tulles, le duo se joue d’un chalet, laqué chocolat, tour à tour ornement et refuge.

Le folklore et la fonctionnalité de l’objet posent les bases de l’action rythmée ; à raison de 24 secondes d’hyperactivité tous les quarts d’heure; le couple s’agite, danse puis retombe en léthargie.

Sans scénario établi, ils vaquent à leurs activités puis gisent çà et là. Éloignés de la performance, ils posent une distance à toute chorégraphie pour mieux interroger l’objet présenté et représenté, sculpté et habité.

L’on dit de la pendule à coucou qu’elle est la maquette d’un monde où tout est petit, simple, joli et harmonieux, à l’image de la Suisse (ou de la forêt noire pour les puristes). Les couples y dansent aux balcons fleuris ; les hommes coupent du bois et les secrets sont bien gardés.

Le kitsch quasi koonséen de l’ensemble n’est ici que l’alibi d’un corps dual ; un couple autochtone se donne en spectacle à heure régulières, continuant de vivre et mourir, mécaniquement chaque quart d’heure, dans le plus grand mutisme et autisme au monde, le vrai, grand et déglingué.

L’association des effets, techniques et matières isole les « porteurs » et les attitudes sculpturales qu’ils campent in momento deviennent les extensions d’une forme qui se révèle dans l’action.

La réciprocité entre les matériaux et les sujets est au coeur de l’activité de ce couple uni dans la sculpture, faisant ici son nid dans la peau de la pièce. Entre socle et scène, la maison conditionne les déplacements, attitudes et relations de l’un et l’autre à l’environnement.

Et lorsque les deux s’en vont, que la boucle est épuisée ; les enveloppes restent avec la marque d’une action à perpétuellement reproduire.