Édénique

• press kit

Solo show
Clédat & Petitpierre

10.04 / 19.05.12

A la frontière des arts plastiques et du vivant, les créations de Clédat et Petitpierre se contemplent et se vivent !

Leurs sculptures à activer se composent d'un territoire habité par un couple de créatures étranges et attachantes. Par l’intermédiaire de ce dispositif sculptural et parfois animé, le duo confronte le temps de l’exposition à celui de l’évènement performatif dans une systématisation de la figure du couple. Dans le cadre d’Édénique à la galerieACDC, Clédat et Petitpierre redonnent vie avec malice au mythe d’Adam et Eve.


Édénique prend place dans un paysage sommaire constitué d’un abri en tôle déchiquetée, d’un arbre, de rochers et de flaques d’eau en miroir. Seul le traitement laqué des éléments de la sculpture contraste avec leur apparente simplicité. Alors que le lieu est communément décrit comme une sorte de paradis terrestre, le duo d’artistes en livre une version presque chaotique, prenant ainsi le contre-pied des représentations traditionnelles.

L’interprétation du mythe par Clédat et Petitpierre met en exergue le grand désœuvrement d’un Adam et Eve qui n’ont pas été chassé du jardin d’Eden. Leur pilosité antédiluvienne n’a cessé de pousser. Ils sont entièrement recouverts de cheveux-poils reprenant la carnation de la nudité et leur activité principale consiste à se peigner. C’est la seule façon de pallier au désordre de leurs cheveux et ainsi d’éviter ainsi un possible glissement vers l'animalité.

L’alchimie des deux créatures pose la question du couple, problématique inhérente à la pratique artistique de Clédat et Petitpierre. Le choix du thème n’est pas anodin, puisque l’histoire d’Adam et Eve peut être perçu comme l’un des mythes fondateurs du couple. En ne rompant pas avec l’Eden platonique le tandem d’ Édénique se condamne au terrible ennui de l’immortalité.

Clédat et Petitipierre détournent avec humour le mythe d’Adam et Eve et expriment par de multiples retournements toute la dualité du terme Édénique. Au travers cette exposition, ils font honneur aux propos d’Illa Becher qui, interrogée sur la chimie mystérieuse du travail en couple avec son mari Bernd y voyait « un dispositif amoureux ».

Marion Carmet